•  

     

     

    Les plus beaux sites naturels des

    Hauts-de-France

     

    Par Philippe Bourget
     
     

    Ancienne terre minière demeurée industrielle, dense et très urbanisée, la région n’affiche pas spontanément son potentiel de nature. Et pourtant… De la Baie de Somme aux forêts de l’Avesnois et de Chantilly, en passant par la Côte d’Opale, la vallée de l’Escaut et la Thiérache, les dunes de Flandre et le plateau picard, le territoire est beaucoup plus vert (et bleu !) que supposé. Démonstration en 20 lieux.

     

    La Baie de Somme, espace vivant

     

     
    La Baie de Somme

    L’estuaire du fleuve picard constitue l’une des plus grandes destinations naturalistes de France. Le flux et reflux des marées a façonné ici des espaces uniques, le schorre, la slikke et les mollières, terrains d’expression pour la flore autant que refuges pour l’avifaune. On y croisera des pêcheurs de crevettes, des ramasseurs de coques, des cueilleurs de salicorne… mais aussi des moutons de prés salés, quantité d’oiseaux migrateurs et, sur la côte, une importante colonie de phoques. A côté, le parc de Marquenterre et ses 200 ha de marais, dunes et roselières, est un haut lieu d’observation animale.

     

    Les hortillonnages d’Amiens, la nature faite homme

     

     
    Les hortillonages d'Amiens

    Ce marais posé aux portes de la ville est travaillé par l’homme depuis les Romains. S’il ne reste que 3 ha sur les plus de 1 000 qui constituait ce marais autour du 15ème s., la coupure entre mondes urbain et jardinier est ici radicale. Une petite poignée de maraichers exploite toujours des lopins de terre, dont certains ne sont accessibles qu’avec des barques à fonds plats. Parmi eux, Jean-Louis Christen, exploitant bio, vend ses produits les vendredis au marché de Rivery. Le grand public accède à cet espace de nature domptée grâce à des visites en barque, proposées depuis la Maison des Hortillonnages.

     

    Compiègne et Retz, des forêts jumelles

     

    Situées à 90 km de Paris, ces deux forêts voisines de l’Oise sont des poumons verts prisés des Franciliens. La première, dominée par les futaies de hêtres et de chênes, est la plus connue. Au fil de ses 14 000 ha sillonnés de grandes allées cavalières, elle s’avère un excellent espace de jeu pour les randonnées familiales à pied et à vélo. Beaux-Monts, Grands-Monts et… Mémorial de l’Armistice de la guerre 14-18, combinent intelligemment nature et Histoire. La forêt de Retz, au sud-est de la première, est aussi grande mais plus secrète. Déployée entre Villers-Cotterêts et l’abbaye de Longpont, elle offre plus de 550 km de sentiers aux marcheurs.

     

    Chantilly et Ermenonville, du château des Princes aux sous-bois souverains

     

    Deux sites en un ! Situées au sein du Parc naturel régional Oise-Pays de France, les forêts de Chantilly et d’Ermenonville sont un autre poumon vert pour la population francilienne. La première, rattachée au célèbre Domaine de Chantilly, déploie un parc dessiné par Le Nôtre autour du château des princes de Condé. Elle couvre plus de 6 000 ha et s’affiche en véritable terrain de jeu pour la randonnée et les sorties cavalières. La deuxième est connue pour son parc d’attraction, la Mer de sable. Elle propose aussi de nombreux itinéraires à pied conçus par l’Office National des Forêts (ONF).

     

    Jardins de Valloires, libres d’expression

     

     
    Jardins de Valloires

    Aux limites de la Somme et du Pas de Calais, dans la vallée de l’Authie, ces jardins de l’abbaye de Valloires, couvent cistercien fondé au 12ème s., sont un espace de nature réputé pour ses parterres de plantes. Ils ont été dessinés par Gilles Clément, célèbre paysagiste français. Roseraie, jardin à la française, jardin des cinq sens, jardin des îles et du marais… sur 8 ha labellisés « Jardin remarquable », le public est invité à une déambulation parfumée au milieu de 5 000 variétés de plantes et d’arbustes. Un site à découvrir de mi mars à mi novembre mais c’est au printemps qu’il est évidemment le plus étincelant.

     

    En kayak dans le bocage de la Thiérache

     

    Terre agricole de l’Aisne connue pour son cidre et son fromage maroilles, la Thiérache, proche de la Belgique, est sillonnée d’est en ouest par l’Oise. La rivière, sauvage et glissant dans un cadre verdoyant, offre l’occasion de descentes ombragées et agréables, autour de la base d’Autreppes. En amont, l’Oise est rejointe par un affluent étroit et rapide, le Ton. Depuis le Moulin de Foigny en 6h, ou depuis Eparcy ou La Hérie, en deux jours de périple, il est possible d’enchainer les deux rivières pour une équipée sauvage inédite, moitié sportive, moitié balade.

     

    De Mers-les-Bains à Cayeux-sur-Mer, l’échappée Vélomaritime

     

     
    Bois de Cise

    Dépourvus de très forts dénivelés, les Hauts de France se prêtent parfaitement à la pratique du vélo. C’est le cas notamment sur ce littoral et arrière-pays picard de pleine nature, situé entre Mers-les-Bains et Cayeux-sur-Mer, au sud de la Baie de Somme. L’étape est l’une de celles de la Vélomaritime, itinéraire de 1 500 km reliant Roscoff, en Bretagne, à Dunkerque. Là, sur moins de 30 km, en 2h environ, les visiteurs pédalent entre falaises et plages de stations Belle Epoque (Mers, Bois de Cise, Ault), vallées et plateau picard agricole. Clou du parcours : le Hâble d’Ault, un espace humide étendu au pied de falaises érodées.

     

    Traverse du Ponthieu, le sillon vert

     

    Voie verte de 24 km tracée d’Abbeville à Auxi-le-Château, cette « traverse » emprunte le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Abbeville à Lille, exploitée jusqu’en 1989. L’itinéraire, campagnard et tranquille, traverse cette Somme agricole et forestière peu fréquentée par les touristes, un territoire émaillé de vallons et de rivières dont certains connurent jadis une intense activité de meunerie. Au fil d’une balade à pied (8h) ou à vélo (3h), on se détournera un temps de la nature pour découvrir le beffroi et la collégiale d’Abbeville, l’abbatiale et le beffroi de Saint-Riquier et, à Hiermont, les étranges « muches », souterrains dans lesquels se cachaient les villageois lors des invasions…

     

    Marais de Long et Longpré, découvertes spongieuses

     

    Comme un avant-goût de la baie de Somme et de la Picardie maritime… Au cœur de la vallée de la Somme, entre Abbeville et Amiens, cet espace de 6 000 ha constitué d’étangs tourbeux offre un refuge inespéré pour les herbiers aquatiques et les plantes amphibies, autant que pour une faune ailée ravie de trouver ici un milieu propice à son épanouissement (oiseaux des marais, libellules, criquets…). Pour découvrir ce territoire, le visiteur dispose de plus de 100 km de sentiers balisés, complétées par des sorties guidées à pied et en bateau organisées par la Maison éclusière de Long et la Maison des Marais de Longprè-les-Corps-Saints.

     

    Un petit tour en Champagne viticole…

     

    Peu le savent mais le terroir du champagne déborde en Picardie. C’est l’opportunité d’une itinérance viticole originale, du côté de Château-Thierry. Ce terroir des Portes du Champagne, de près de 3 500 ha, rassemble plus de 80 vignerons passionnés. A travers les villages de Charly-sur-Marne, Bonneil, Etampes-sur-Marne, Gland, Chartèves, Fossoy… la route touristique du champagne dévoile ses paysages de coteaux viticoles, déployés de part et d’autre de la Marne. Elle livre aussi des caves opportunes pour goûter le nectar des vins pétillants français, dont les Hauts de France sont aussi un berceau.

     

    Le marais audomarois, polder vivant

     

     
    Le marais audomarois

    Aux portes de Saint-Omer, ce territoire du Pas de Calais est considéré comme le dernier marais maraîcher de France. Réserve de biosphère de l’UNESCO, l’activité agricole et touristique y côtoie de façon raisonnée un écosystème fragile mais unique, composé d’un dédale de canaux, les wateringues et les watergangs, au bord desquels une faune et une flore remarquables ont trouvé refuge. Sur les 3 700 hectares du marais, à peine 400 restent cultivés. Les visiteurs le découvrent à pied, depuis le village de Clairmarais (sentier et observatoire ornithologique), ou en bacôve, bateau traditionnel à fond plat.

     

    Falaises des caps Grand-Nez et Gris-Nez, le grand spectacle

     

     
    Le cap Gris Nez

    Au nord de Boulogne-sur-Mer, ces deux caps regardant droit dans les yeux la Manche et les falaises anglaises du Kent forment des vigies totémiques sur l’un des détroits maritimes les plus fréquentés au monde. Pour le randonneur, le spectacle est donc en mer mais aussi sur terre. Au fil du sentier littoral (le GR120) joignant ces deux pointes séparées de 20 km, la balade livre la belle station balnéaire de Wissant, le charmant village côtier caché dans un creux d’Escalles et des champs agricoles vallonnés, cultivés jusqu’au ras des falaises. Là est l’intérêt du parcours : marcher au bord du vide et même en bas, sur la plage, à marée basse.

     

    Les dunes de Flandre, l’erg côtier

     

    Près de Dunkerque, impossible d’occulter ce site de pleine nature étendu sur 15 km jusqu’à la frontière belge – et même au-delà. Ce morceau de littoral témoin de tant de drames en 1940 déploie sur plus de 1 000 ha un paysage de dunes qui fait le bonheur des marcheurs et des fans d’activités nautiques (voile, kayak de mer, kitesurf…) et terrestres (char à voile). Ce probable prochain Grand Site de France réserve plusieurs itinéraires pédestres, du plus court (la Batterie de Zuydcoote, 2,5 km) au plus long (la Dune Marchand, 8,5 km). Flore, paysages… et même une dune « fossile » de plus de 5 000 ans sont au programme de ces balades sableuses au gré du vent.

     

    La plage du Touquet, détente au sable clair

     

     
    La plage du Touquet

    Puisque les Hauts de France disposent d’un littoral de près de 200 km, il serait dommage de se priver d’une sortie sur les plages. Celle du Touquet… Paris-Plage est parmi les plus remarquables. Près de 8 km de sable fin et ferme autorisent un large champ d’activités, depuis le farniente post baignade (en été de préférence !) jusqu’à la marche tonique, en passant par la pratique du char à voile, une activité accessible aux débutants et offrant rapidement de belles sensations de vitesse. En poursuivant à travers les dunes, on parviendra à la pointe du Touquet, limite de la baie de Canche dont la rive nord est aussi un écrin de nature sauvage.

     

    Forêt de Raismes-St-Amand-Wallers, au cœur du parc Scarpe-Escaut

     

    C’est l’une des grandes forêts du département du Nord. Etendue sur près de 6 000 ha, juste au nord de Valenciennes, elle est un exemple typique d’espace naturel transformé par l’activité minière. En effet, les affaissements miniers ont entrainé la création de marais et d’étangs, devenus des refuges de biodiversité, tel l’étang d’Amaury. Dans ce paysage mêlant espaces humides, chênes, pins sylvestres et bouleaux, le visiteur profite d’une multitude de sentiers et d’allées pour se promener. La forêt est une partie du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, le premier créé en France, en 1968. Il est de nos jours connecté au parc belge des plaines de l’Escaut pour former le parc binational du Hainaut.

     

    Forêt de Guînes, de vert et d’air…

     

    À quelques jets de pierre de Calais, la forêt domaniale de Guînes s’affiche comme l’espace d’oxygénation favori de la ville et du Calaisis. Incluse dans le périmètre du Parc naturel régional des caps et marais d’Opale, ses près de 800 ha de chênes, charmes, bouleaux et hêtres, maillés de sentiers et d’allées cavalières, sont l’opportunité d’une belle respiration près de la côte. Anecdote historique, c’est dans cette forêt qu’un jour de 1785 atterrirent les premiers aéronautes transmanche. Les sieurs Blanchard et Jeffries, partis de Douvres, posèrent ici leur ballon à hydrogène. En forêt, une colonne commémore leur exploit.

     

    Forêt de Mormal, refuge du Parc naturel régional de l’Avesnois

     

     
    Le forêt de Mormal

    Poumon vert de l’Avesnois et plus grand massif forestier du Nord (9 200 ha), cette forêt a pour caractéristique d’être la seule du département à abriter des cerfs. Dans ce massif n’ayant pas échappé aux combats de la guerre 14-18, il est possible de se « perdre » dans des sentiers de randonnées au milieu d’essences de feuillus aussi diverses que les hêtres, les chênes, les érables, les frênes, les merisiers… Les randonneurs attentifs pourront prêter l’oreille (et leurs yeux) pour essayer d’apercevoir à la tombée de la nuit, des cerfs… mais aussi des renards, des chevreuils, des sangliers, des chouettes… voire, pour les plus chanceux, des chats sauvages et des cigognes noires…

     

    Le Pévèle, atouts naturo-historiques

     

    À deux pas de la métropole lilloise, ce territoire vert intéressera les touristes curieux de découvrir un espace de pleine nature. Le Pévèle s’affiche du côté de Seclin en lieu vallonné et humide où se côtoient vergers, prairies, forêts et marais. Propice aux balades pédestres et cyclistes, il donne aussi l’occasion d’aller à la rencontre de deux sites majeurs de l’Histoire de France : Bouvines et Mons-en-Pévèle. Au 13ème s., le premier vit la victoire des troupes de Philippe Auguste contre les coalisés anglo-germano-flamands. Au début du 14ème s., le second enregistra la victoire de Philippe le Bel contre les Flamands. Quand nature et mémoire se lient, la visite n’en devient que plus riche !

     

    Terrils du Pas-de-Calais, étonnants jardins botaniques

     

     
    Les terrils de Loos-en-Gohelle

    Qui imaginerait les terrils reconvertis en espaces naturels ? C’est pourtant ce qui est à l’œuvre dans l’ancien bassin minier du Pas de Calais. Depuis l’arrêt de l’extraction, la vie a repris ses droits sur ces monticules de schiste au point que certains ont été transformés en terrains de randonnée, tels les deux terrils de Loos-en-Gohelle, les plus hauts d’Europe (186 m). Hormis le panorama immense qu’ils offrent depuis leurs sommets sur le bassin minier, ils n’abritent pas moins de 160 espèces animales (batraciens, oiseaux, reptiles…) et 190 espèces végétales. Quand l’industrie redonne place à la vie… on applaudit.

     

    Parc du Héron, la nature en ville à Villeneuve d’Ascq

     

    La métropole de Lille abrite plusieurs espaces de nature favorables à des échappées chlorophyllés. C’est le cas du parc du Héron, 110 ha d’eau et de végétation accessibles par les lignes de métro M1 (station Pont de Bois) ou M2 (Fort de Mons) et un peu de marche à pied. Près du stadium Lille Métropole, ce parc aéré dont une partie est classée en Réserve Naturelle Régionale contient un verger conservatoire, une ferme, un restaurant avec estaminet, un parc archéologique (Asnapio), un espace réservé aux pêcheurs et quantité de sentiers pour des balades nature. Au menu également : des animaux avec plus de 200 espèces d’oiseaux, des rongeurs et amphibiens et des chevaux de trait.

     

    N'oubliez pas que si vous le désirez vous

    pouvez vous inscrire à ma newsletter,

    c'est gratuit!!!

     

    Nature en Images - 6:  Les plus beaux sites naturels des Hauts-de-France

     

    Nature en Images - 6:  Les plus beaux sites naturels des Hauts-de-France

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    Le Rayol, un jardin exotique au-dessus

    de la Méditerranée

     

     

    Par Florence Donnarel
     
     

    Sur la corniche des Maures, le domaine du Rayol invite le visiteur à se perdre dans une collection de paysages méridionaux et subtropicaux. Des puyas du Chili aux pavots de Californie en passant par les dragonniers des Canaries, ce jardin est un paradis exotique de 20 hectares suspendu au-dessus de la mer entre Le Lavandou et Saint-Tropez.

     

     

     
    Domaine du Rayol, jardin des Méditerranées, la maison principale l'Hôtel de la Mer (Var, PACA)
     
     
    L'Hôtel de la Mer.

     

    À l’entrée du domaine du Rayol ce ne sont pas les plantes qui nous interpellent mais la Méditerranée, azur immense qui occupe tout l’horizon. On la contemple depuis la terrasse de l’Hôtel de la Mer, cette grande demeure d’inspiration classique, typique de l’architecture balnéaire de la Riviera avec ses murs ocre et ses balustrades. Au début du siècle dernier, c’est Alfred Courmes, un lettré et grand voyageur qui fait élever dans un vallon sauvage de 40 hectares, une ferme, une pergola, l’Hôtel de la Mer, un puits, un bastidon et la villa Rayolet que l’on distingue plus loin entre les frondaisons. L’homme a parcouru le monde et il se plaît à créer un jardin composé d’essences exotiques, palmiers-dattiers, bambous ou araucaria de Bidwill. Ainsi naît le destin paysager du vallon du Figuier. Un second propriétaire, Henri Potez, enrichit le jardin dans les années 1940 mais le site restera ensuite quinze ans à l’abandon avant son acquisition, en 1989, par le Conservatoire du littoral.

     

    Voyage végétal

     

     
    Domaine du Rayol, jardin des Méditerranées, le Jardin d'Amérique aride et l'ancienne ferme (Var, PACA)
     
     
    Le jardin d'Amérique.

     

    Soucieux de le soustraire à l’appétit des promoteurs et de préserver ses richesses naturelles dans un espace ouvert à tous, le Conservatoire du littoral a confié son aménagement au paysagiste Gilles Clément. « Il a fait le choix de composer un jardin avec des espèces inféodées aux climats de type méditerranéen », explique Tao Ramsa, le chef jardinier du site. Un voyage du maquis provençal au matorral du Chili, en passant par le chaparral de Californie ou le fynbos d’Afrique australe s’annonce. La première escale ? Les Canaries, où nous sommes accueillis par des plantes succulentes et des dragonniers au port bien dessiné évoquant des parasols. Toute proche, la sèche Californie nous offre les fleurs blanches, délicates comme du crêpe, de ses Romneya, de grands pavots arbustifs dont le foisonnement nargue la rectitude des yuccas aux feuilles dures. Des genêts et des lentisques se sont invités. « Nous laissons les espèces indigènes se mêler aux espèces introduites, éclaire Tao Ramsa. Gilles Clément est un précurseur dans la gestion écologique des espaces jardinés. Il défend l’idée du jardin en mouvement où on laisse les végétaux se déplacer naturellement. »

     

     
    Figuier de Barbarie, domaine du Rayol, jardin des Méditerranées (Var, PACA)
     
     
    Figuier de Barbarie.

     

    Sur les hauteurs, l’Australie prend ses aises avec ses bosquets d’acacias à la spectaculaire floraison hivernale en boules jaunes, ses eucalyptus qui parfument l’air et ses rince-bouteilles aux goupillons vermillon. On cherche en vain un cartouche qui déclinerait l’identité des arbres qui nous interpellent. « Le domaine du Rayol n’est pas un jardin botanique, mais un jardin de paysages. Il est pensé pour immerger le visiteur dans des ambiances comme le ferait une promenade dans la nature », précise notre guide. Une profusion de cactus, d’agaves, de yuccas qui ont conservé leur jupe, de figuiers de Barbarie colonise la barre de roche schisteuse de l’Amérique aride avec, pour totem, un cactus cierge d’une centaine d’années.

     

    On dirait le Sud

     

     
    Domaine du Rayol, jardin des Méditerranées, l'Hôtel de la Mer à droite et la villa Le Rayolet à gauche
     
     
    À droite, l'Hôtel de la Mer, et à gauche, la villa Le Rayolet.

     

    L’Afrique du Sud est notre prochaine destination. Elle borde la majestueuse descente d’escaliers encadrée d’ifs qui plonge au creux du vallon depuis la pergola. Des Strelitzia nicolai, immenses oiseaux de paradis, et des pruniers du Natal, dont les fleurs blanches en étoile distillent une senteur subtile, nous transportent dans l’hémisphère Sud.  L’allée centrale nous conduit au Chili d’altitude. L’explosion florale des puyas en juin est l’un des points d’orgue du jardin. Les spectaculaires inflorescences bleues ou jaune incandescent de ces broméliacées ne réjouissent pas que les visiteurs. Des abeilles et des bourdons viennent savourer leur nectar et font vibrer la lande. L’œil se repose dans le maquis qui occupe tout l’est du parc, entre chênes-lièges, arbousiers et daphné garou. Il s’achève sur la colline des cistes qui conserve une collection de dix espèces de cette plante emblématique de Méditerranée. Tout près, au-dessus de la falaise surplombant la mer, la villa Rayolet récemment restaurée dévoile à nouveau ses atours de villégiature bourgeoise et accueille de nombreuses activités de formation.

     

    De l'Asie à l'Amérique

     

     
    Domaine du Rayol, jardin des Méditerranées, le Jardin de Nouvelle-Zélande (Var, PACA)
     
     
    Le jardin de Nouvelle-Zélande.

     

    Une ambiance plus humide caractérise le jardin de l’Asie subtropicale étendu autour d’un puits avec une cascade, des chênes verts enrubannés de glycines et de lianes. Les premiers propriétaires du domaine avaient introduit les plantes exotiques non méditerranéennes que l’on retrouve ici : cycas du Japon à l’opulente couronne de feuilles, bambouseraie centenaire, ginkgos bilobas... Le ruisseau qui alimente la cascade en hiver file dans le creux du vallon. Il distille sa fraîcheur dans le luxuriant jardin de Nouvelle-Zélande en contrebas, envahie par les fougères aigles et les oreilles d’éléphant. Le son des vagues qui roulent sur la plage s’élève jusqu’à nous. On cédera plus tard à l’appel de la mer. Il reste l’Amérique subtropicale à explorer, un jardin arrosé qui forme une bulle verte au cœur du domaine avec ses grandes nolines proches du yucca. Enfin, l’image des prairies d’alstroémères du jardin du Chili, ces « lys des Incas » qui tissent un éclatant tapis orange, restera gravée dans nos mémoires. « Chaque saison est belle au Rayol compte tenu de la diversité des espèces », souligne le chef jardinier. Il faudra revenir...

     

    N'oubliez pas que si vous le désirez vous

    pouvez vous inscrire à ma newsletter,

    c'est gratuit!!!

     

    Nature en Images - 6:  Le Rayol, un jardin exotique au-dessus de la Méditerranée

     

    Nature en Images - 6:  Le Rayol, un jardin exotique au-dessus de la Méditerranée

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

    Volcans d'Auvergne : randonnée autour

    du puy de Sancy

     

     

    Par Dominique Le Brun
     
     

    Culminant à 1 885 m sur la chaîne des monts Dore, le puy de Sancy est le plus haut sommet du Massif-Central. L’ascension, sans difficulté, s’impose. Pour autant, le plus beau n’est peut-être pas le sommet, mais les points de vue qu’offrent les alentours. C’est tout l’intérêt de cet itinéraire : une boucle de 39 km sur le flanc ouest du massif, à parcourir en deux jours.

     

     

    Puy de Sancy, parc naturel des volcans d'Auvergne

    S’ils n’exigent pas la moindre compétence montagnarde, ces deux jours de marche demandent cependant une bonne forme physique, dans la mesure où on cumulera 1 460 m de dénivelé positif. Le descriptif précis de l’itinéraire (balisage en vert et blanc), ainsi qu’un plan détaillé, sont téléchargeables gratuitement sur le site internet du Sancy, mais mieux vaut emporter une carte IGN sur laquelle on reportera le tracé. Ainsi, on appréciera mieux les reliefs à parcourir. Enfin, comme les possibilités d’hébergement restent plutôt limitées, il est indispensable de réserver bien avant de se mettre en route.

     

    1er jour : du Mont-Dore à Baffaud 

     

     
    Chemin d'accès au sommet du Sancy par le Val de Courre et le Pas de l'Ane, parc naturel régional des volcans d'Auvergne

    Au départ de notre randonnée, près de l’office de tourisme du Mont-Dore, on respire l’atmosphère unique et le charme suranné des stations thermales du XIXe siècle. Mais si, en montant vers le Salon du Capucin, on reprend les traces des excursionnistes des temps jadis, c’est avec la vigueur du randonneur moderne dont l’étape sera longue. En passant au pied du Capucin, rien n’empêche de faire le détour (500 m aller-retour) jusqu’au sommet, mais la plus belle vue se situe plus loin, au passage du puy de Cliergue, où toute la chaîne des Puys s’offre au regard. Ensuite, entre la Tour Carrée et le col de Courre, on aura sous les yeux le cirque de la Fontaine Salée, avec le lac Chauvet et les monts du Cantal en arrière-plan. Le sommet du puy de Sancy se trouve en dehors de l’itinéraire, à 1 km de distance et 191 m de dénivelé, soit environ 1h30 aller-retour. Il serait dommage de s’en priver. D’autant plus qu’après le col, on descend jusqu’au lieu-dit Baffaud, où nous ferons étape. Pour ce faire, on passe au pied du puy de Chabanne pour traverser la station de ski de Chastreix-Sancy. Baffaud se trouve en contrebas.

     

    2e jour : retour au Mont-Dore par La Bourboule 

     

     
    Randonneur dans la vallée de la Fontaine Salée, réserve naturelle Chastreix-Sancy, parc des volcans d'Auvergne

    L’étape commence par un joli point de vue, puisque de la Pinderie, le regard embrasse le roc de Courlande et le puy de Chambourguet. Plus loin, on quittera brièvement l’itinéraire pour aller se rafraîchir aux cascades de Crèvecœur. Comme nous contournons le puy de Chambourguet, on découvre de grands espaces plus plats qui, en hiver, forment un domaine de ski de fond. De nouveaux panoramas nous attendent, notamment à Vendeix-Haut et au rocher de l’Aigle, d’où nous fondons littéralement sur La Bourboule. Nous faisons notre entrée dans cette station thermale, créée au XIXe siècle, par le parc Fenestre, aux magnifiques séquoias. Nous traverserons la station sur toute sa longueur en longeant la Dordogne, que nous suivrons toujours de près ou de loin pour remonter jusqu’au Mont-Dore. Il serait même tentant de la suivre jusqu’à sa source, à 1 366 m d’altitude sur le flanc nord du puy de Sancy ! Le prétexte d’une autre balade...

     

    N'oubliez pas que si vous voulez vous

    pouvez vous inscrire à ma newsletter,

    c'est gratuit!!!

     

     

    Nature en Images - 6:  Volcans d'Auvergne : randonnée autour du puy de Sancy

     

    Nature en Images - 6:  Volcans d'Auvergne : randonnée autour du puy de Sancy

     

    Pin It

    votre commentaire
  •   

     

    Gorges d'Ehujarre et de Kakuetta

     

     

    Par Tuul Morandi
     
     

    Ici, des canyons karstiques, falaises abruptes et abîmes souterrains entaillent les montagnes, des pics majestueux flirtent avec les nuages et de profondes hêtraies tapissent les vallées escarpées… L’âpre pays de la Haute-Soule offre ses paysages spectaculaires aux pas des randonneurs.

     

    Gorges d'Ehujarre, un canyon sauvage

     

     
    Les Gorges d'Ehujarre

    Lieu de départ : le village de Sainte-Engrâce. Ce haut lieu de pèlerinage, ancienne étape des chemins de Compostelle, se love dans un cirque de hautes cimes.  Le sentier traverse une forêt à la végétation dense qui, étrangement, peut faire songer à une végétation tropicale. Des hêtres majestueux jalonnent le chemin. Avec la forêt d’Iraty, il s'agit de la plus grande hêtraie d’Europe dans la Haute-Soule. Des brises chargées d’humidité viennent de l’Atlantique et créent ici une atmosphère tropicale, très appréciée par la végétation. Après trois heures de marche dans cette forêt, à escalader des cailloux couverts de mousse, le paysage s’ouvre sur un vallon herbeux au pied d’impressionnantes falaises blanches aux parois raides. Un peu de dénivelé encore pour nos jambes fatiguées et le sentier débouche sur un vaste espace de pâturage, le plateau d’Erainze, perché à 1 200 m d’altitude. Nous sommes en surplomb de la gorge d’Ehujarre : un canyon sauvage et grandiose entaillé dans le calcaire.

     

     

    Les gorges d'Ehujarre

    Les impressionnants vautours fauve planent au-dessus d’un troupeau de brebis qui broutent paisiblement. Un cayolar (cabane de berger) est la seule trace d’habitation humaine. À partir d’ici commencent les estives des bergers. Le pastoralisme, un pan d’économie importante de la Haute- Soule, est encore très préservé dans ces montagnes sauvages. Quelques kilomètres nous séparent encore du col de la Pierre Saint-Martin (1 766 m), qui marque le moment de la descente vers Sainte-Engrâce par bois d’Utzia. Nous achèverons cette oxygénante randonnée en boucle en six bonnes heures.

     

    Gorges de Kakuetta, un air d'Amazonie

     

    Partez du parking Pont-d’Enfer et du bar La Cascade à Sainte-Engrâce pour rejoindre le site des gorges de Kakuetta, exploré pour la première fois en 1906. Ce biotope tout à fait tropical se découvre au fil d’un chemin aménagé (d’une longueur de 2 km, comptez environ 2 heures aller-retour) le long de la rivière, le plus souvent en balcons suspendus. Passerelles, tunnel et escaliers surplombent les entrailles vertigineuses de la gorge (jusqu’à 350 m de profondeur). Au fil de votre progression se dévoile une cascade de 20 m de haut, le « Grand étroit » (là où la gorge est si resserrée que les deux versants de la faille semblent se toucher), un lac aux eaux turquoise et une grotte. Un conseil au coeur de l’été, le site est très fréquentée, partez donc tôt le matin).

     

    La passerelle d'Holzarte

     

    Vous avez aimé Kakuetta ? Découvrez la passerelle d’Holzarte (au départ de Larrau, l’accès se fait à partir de l’Auberge de Logibar, 2 km après le village), un pont de singe suspendu à 180 m de haut au-dessus du canyon des gorges d’Olhadubi.

     

    N'oubliez pas que si vous le désirez vous

    pouvez vous inscrire à ma newsletter,

    c'est gratuit!!!

      

    Nature en Images - 6:  Gorges d'Ehujarre et de Kakuetta

    Nature en Images - 6:  Gorges d'Ehujarre et de Kakuetta

     

    Pin It

    votre commentaire
  •  

     

     

    Grand frisson à l'aiguille du Midi

     

    Par Vincent Noyoux
     
     

    L’aiguille du Midi propose une expérience vertigineuse : admirer le panorama sur le mont Blanc depuis le Pas dans le vide, une cage de verre perchée à 3 842 mètres d’altitude. À la façon du Skywalk, passerelle surplombant le Grand Canyon, les visiteurs peuvent maîtriser leur peur avec plus de 1 000 mètres de vide sous leurs pieds... mais en toute sécurité.

     

     

     
    Installation du sas à 100 mètres au-dessus du vide

    Dans la cabine de 2 mètres sur 2 mètres, vivez l'impossible expérience de marcher sur le vide ! Ci-dessus, les techniciens habitués aux conditions de travail extrêmes, lors de l'installation de la cabine.

     

     

     
    Pic du Midi

    À vous de décider si vous regardez en bas ou pas.

     

     
     
    Le Pas dans le vide

    C'est en chaussons spéciaux en feutre que l'on entre dans cette attraction ouverte depuis décembre 2013. Les avis sont unanimes sur cet espace panoramique abrité : « incroyable », « magnifique ».

     

     
    L'aiguille du Midi

    Fixé sur la terrasse sommitale de l’Aiguille, le sas est unique au monde par sa conception technologique en verre-acier. La cabine transparente résiste à des vents de plus de 220 km/h et à une amplitude thermique de 60 °C.
     
     
    N'oubliez pas que si vous le désirez vous
    pouvez vous inscrire à ma newsletter,
    c'est gratuit!!!
     
     

    Nature en Images - 6:  Grand frisson à l'aiguille du Midi

     

    Nature en Images - 6:  Grand frisson à l'aiguille du Midi

     
    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique